Veux-tu rester en Israël ?
La question est aimante, attentionnée. Logique. Forcément : je raconte la guerre, les sirènes à Tel-Aviv, l’attentat. Et ma douce amie me demande avec un intérêt réel, veux-tu rester là-bas ?
Je réponds oui, j’explique pourquoi. Est-ce que je sais vraiment ?
Je me suis posée la question un peu tout le temps, pendant ces 10 jours de tension. Même avant cela, toutes les questions que ce pays éveille, tous les jours. Je demande à mon amoureux, tu penses souvent au conflit? Tous les jours, il me dit avec simplicité, brièvement. Pourtant, nous n’en parlons pas. Pourtant presque personne n’en parle, sauf en période électorale, pour réagir face aux politiques, il faut bien avoir un avis. Mais est-ce qu’on en parle entre amis ? Non. On évite. Trop dur, trop de questions. Les larmes qui montent presque tout de suite en évoquant Yitzak Rabin, Premier ministre assassiné il y a 17 ans. La boule dans la gorge, la facilité aussi, de la nostalgie. Ce grand homme, dit-on. Qu’est-ce qu’un grand homme ? Savait-il lui, plus que nous ? Y croyait-il ? Voyait-il quelque chose que nous ne voyions plus désormais, aveuglés par 20 années supplémentaires de défaites, de cynisme et de haine qui s’en va grandissant?
Ces détails. Tu vas te coucher ainsi, me demande-t-il alors que je suis nue sous ma nuisette. Oui, pourquoi ? Il pourrait y avoir une sirène cette nuit, tu as envie de te retrouver fesses à l’air devant les voisins ? Jogging donc, et la chaleur toute la nuit, parce que peut-être, on lancera une nouvelle roquette sur Tel-Aviv et il faudra, partagés entre la peur et l’incrédulité, se lever d’un bond pour aller dans les escaliers, attendre le boom qui signifie, au choix, que le missile est tombé dans la mer ou que les batteries de défense aériennes l’ont neutralisé en plein vol, grâce à des ordinateurs savants qui parviennent à calculer la trajectoire exacte et à lancer une autre roquette, au bon moment.
Vendredi matin, nous petit-déjeunons. Ambiance tel avivienne chic et bohème, le café est au soja, les fruits sont bios. Derrière lui, une famille qui m’intéresse, les petits-enfants, ados, peut-être un peu plus et les grands-parents, cool, hippies, Iphones et coiffure punk. Un autre sirène, d’un coup d"un seul, au beau milieu de nous, de notre échange, de notre intimité de couple au dessus de son latte soja. Un sursaut instinctif, puis le regroupement derrière le bar, sous l’escalier en béton. Un boom, ca y est, sortir, ne pas attendre les 10 minutes, les Tel-Aviviens veulent bien jouer à la guerre mais pas trop quand même, il en faudra plus pour venir à bout de cette nonchalance. D’ailleurs, quelqu’un a pris des photos, et seul un bébé, probablement perturbé par cette dérogation à la routine, signifie par ses pleurs que quelque chose a changé. Les adultes, eux, retournent à leurs tables, l’air détaché. Le portable dans la main, quand même, savoir où c’est tombé, on a entendu la déflagration très fort, où est-ce donc, certains disent le centre de la ville. Les 3 femmes d’à côté demandent qu’on leur renouvèle leurs omelettes, les pigeons ont profité de la sirène pour y gouter. Le serveur s’excuse, comme si c’était de sa faute, le café a mis du temps, il faut assaut d’amabilités et nous aussi, il n’y a plus de distance.
Je songe soudain à ces Gazouis qui viennent de tirer leur Fajr 5, ce fameux missile de facture iranienne à moyenne portée. 75 km nous séparent, puisque que c’est la distance que peut parcourir la roquette nous dit-on aux infos. Je n’ai nul autre choix que de ressentir leur présence, leur existence. Eh ! Viennent-ils me dire, nous sommes là et nous avons de la haine à revendre. Est-ce cela, la guerre, le mode opératoire adulte de l’enfant qui tire les couettes, mi-fâché, mi-regarde-moi, ne m’oublie pas?
Je n’ai jamais autant songé à Gaza que maintenant, quand ces habitants se matérialisent aussi violemment à moi. C’est une forme de relation. Nous nous haïssons avidement, avec l’ardeur de ceux qui s’aiment. Nous sommes l’un à l’autre, brutalement. Qu’est-ce que ça veut dire ? Pourquoi ?
Mon amie, celle-là même que j’aime beaucoup, me pose problème. Je l’aime moins, j’ai envie de m’en détacher. Ses valeurs ne sont plus les miennes, je le sens, elle m’agace, m’énerve, appuie sur certains endroits que je n’aime pas en moi, elle est quelque chose que je ne suis plus, ou peut-être vice et versa. A ce niveau d’intimité, la tentation est grande de frapper un grand coup, claquer les portes, malmener la relation, l’envoyer promener. Je l’aurais fait sans doute, il y a quelques années, avec pertes, fracas, conversations alcoolisées pour s’en remettre et déprime post-guerrière. Mais la destruction s’agite moins en moi, je me retiens, réfléchis. J’ai compris que l’amour n’existe pas tout seul sans décision délibérée de ma part, peut-être que l’amitié aussi ? C’est moins grave si je change d’amie, si je termine ce lien-là, c’est moins grave que de mettre un terme au couple, mais est-ce que c’est plus intelligent ? Est-ce que je peux décemment attendre de l’amitié qu’elle fournisse ce que même l’amour, surtout l’amour, ne crée pas, l’entente parfaite, la fusion ? Vais-je changer d’amie comme de chaussettes jusqu’à ce que je me lasse, amère, des relations en ce bas-monde ?
J’essaye de peser le pour et le contre. Voici ce qu’il y a dans ce lien là, voici ce qu’il n’y a pas. Suis-je capable de sortir de mon idéologie, de mon fantasme ? Puis-je prendre ce qu’il y a à prendre sans constamment regretter ce qu’il n’y a pas ?
Pour quelles raisons, Juifs et Arabes, Israéliens et Palestiniens, sont-ils enfermés idéologiquement ? Pour quelle raison ne peut-on pas briser le cercle vicieux et faire autre chose? C’est eux qui ont commencé ! Nous sommes victimes ! Les deux côtés le disent, les deux côtés le croient, ou presque.
Avec moi ou contre moi, voilà. Cette question qui me suit depuis l’enfance en pleine face ici, tous les jours. Est-ce simplement parce que partout ailleurs en Occident, les gens sont devenus trop polis(sés) pour le dire?
Pourquoi ces forces là sont-elles déployées dans cette partie du monde au point qu’elles nous empêchent régulièrement de vivre ? Et pourquoi, moi, j’ai besoin de vivre ici ? Ma carte d’identité ? Mon sang ? Mes grands-parents ? La Shoah ? Ma culture ? Les pommettes hautes et le regard ashkénazes, mais l’opulence et la gestuelle séfarades. Des grands-parents qui parlaient allemands d’un côté, et de l’autre, arabe et turc. A moi toute seule, je recouvre toute la Méditerranée et au-delà, la tête en Europe, le cœur en Orient, le corps physique, lui, en Israël, avec ce sentiment d’avoir un travail à faire, que peut-être, moi, je ferais la différence, je saurais, nous y arriverons. Mais d’autres jeunes gens ne se disaient-ils pas la même chose il y a déjà 50 ans ? D’autres n’ont-ils pas cru que le calme finirait pas arriver, mathématiquement, comme toujours après la tempête ?
La tempête depuis le début, tous les jours, tous les quelques mois, voilà le pays dans lequel mes parents sont nés et où je les ai suivis, un jour des années 1980. Et où j’ai choisi de revenir, jeune adulte, attirée par le sentiment d’aller vivre mon destin.
L’intuition était bonne. J’ai trouvé ma place, l’amour, du sens.
Mais je contemple aujourd’hui le Moyen-Orient et je me demande pourquoi ce groupe d’âmes-là est arrivé précisément ici, vivre dans les conditions que nous connaissons, un dilemme insoluble tous les matins au réveil, au coucher, un peu chaque jour, les même questions inlassablement. Que faire ? Que dire ? Comment être ?
Et que faut-il, grands dieux, que nous comprenions pour que cela s’arrête ?


C’est un très beau texte ! Nous sommes tous attirés fatalement vers la terre de nos ancêtres, nous portons un pays dans notre sang et rien n’y pourra jamais rien !!
Merci beaucoup Corinne !
Si j’arrive à faire ressentir ces interrogations-là, alors le texte a atteint son but ….
A très bientôt
La gallilée est le berceau de toutes les religions, c’est la terre des ancêtre des palestinens et des israeliens, mais en aucun cas plus a l’un qu’à l’autre….et c’est tout là le problème…la seule différence c’est que eux de l’autre coté, n’ont pas le soutien des etats unis, ils ne peuvent même pas prendre l’avion pour sortir du "pays" (et encore ce mot est de trop car un pays fait rarement quelques kilomètres carrez) et si tentez qu’ils arrivent a l’aeroport, les soldats israeliens se permettent de leur faire passer des tests medicaux pour établir si oui ou non ils sont des ETRES HUMAINS (VERIDIQUE) qu’il a il de pire comme humiliation???) et j’en ai marre de voir israel se victimiser en disant qu’ils sont victime de la guerre alors que se sont les premiers a riposter avec une violence EXTREME qui n’offre aucun autre choix que la guerre) des exemples?? la guerre en 2006 au liban…et puis tous les jours a gaza…tu dis si bien que les palestiniens n’ont rien d’autre que des armes a petite portée (certe ça fait des dégats). ils ne les utiliseraient peu etre pas si ont leur rendait certains de leur droits…ils ne les utiliseraient peu etre pas si les avions AMRERICO ISRAELIENS ne bombardaient pas de façon disproportionnée tout ce qu’ils leur restent. c’est très complexe tout cas, mais essayons de nous rappeler que nous sommes tous des etres humains, que israel est un des seuls pays ou il y a une synagogue, une eglise et une mosquée. nous croyons respecter l’histoire en privatisant ces terres au nom de nos ancêtre, et en leur nom nous nous déchirons…pourquoi faudrait il plus considérer la gallilée comme la propriété d’un seul peuple. les hommes devraient etre libre de vivre ou ils veulent tout en respectant les croyances des autres, et ce en un seul lieu. utopiste? oui peu être, mais c’est ma façon d’y croire..c’est dommage que les gouvernements et Israeliens et palestinien, continuent a engrainer leur peuple dans des histoires d’interrets, et que pour les rallier a leur cause, ils utilisent la violence, la haine, la mort…et le pire, c’est que les peuples continuent de tomber dans le panneau, certains ont même baisser les bras. c’est honteux
cependant c’est un beau texte, vous vous posez les bonnes questions. la virulance de mon commentaire ne se dirige en aucun cas contre vous, ma contre la situation
Pas de problème Johanna
, ce conflit soulève autant de passions que de questions, c’est ainsi.
Je ne cherche ici à justifier personne, simplement exprimer un ressenti, j’espère que c’est clair…
A bientôt et merci de m’avoir lue!
ce n’est pas la terre de mes ancêtres, mais pourtant, j’ai toujours viscéralement aimé Israël, quelque chose de très irrationnel, un pays que je rêve de "rencontrer" depuis des années… et des années que j’attends ce "calme après la tempête" qui ne vient pas !!
Je trouve tes mots tellement justes sur le fait que chaque partie se sent, se croit victime, d’où l’inextricable de cette situation, malheureusement… (et que j’aimerais qu’il en soit autrement, pourtant !)
Merci beaucoup Anacoluthe !
C’est très, très fort pour moi de sentir que j’ai réussi à faire ressentir quelque chose à d’autres qui viennent d’ailleurs.
Il faut venir ! Visiter Israël et les territoires palestiniens… C’est tellement beau, et c’est, la plupart du temps, heureusement, moins dangereux que ça en a l’air…
A bientôt, sur ton blog ou le mien
J’ai lu ton texte, il est passionné certes…tu te poses des questions : est ce un début pour stopper le cercle vicieux de ce conflit? Il ne tient qu’aux populations en fait, de dire oui à la coexistence!
mais comment dire…ça me met un peu mal à l’aise, car comme d’habitude, on a qu’un son de cloche.
Quand tu dis qu’il y a de la haine à revendre, il y en a aussi chez les Israëliens.
Pourquoi tu ne dis pas qu’à Gaza, ce ne sont pas des roquettes qui se perdent mais carrément du phosphore blanc considéré comme crime de guerre par l’ONU, des bombes à uranium appauvri qui contaminent durablement la terre, et des bombardements par des avions de guerre F16 Israeliens qui vont même jusqu’à bombarder les locaux de l’AFP/ russia today etc ? Car à côté de toute cette artillerie lourde, les roquettes ne sont rien. C’est comme comparer une barre de dynamite avec la bombe de Hiroshima !
A Gaza, les gens n’ont plus rien à cause du blocus : ils n’ont pas d’eau, pas d’électricité, pas de nourriture en quantité suffisante, ils n’ont pas de médicaments, pas assez de fauteuils roulants…les écoles primaires ont été aspergé de phosphore blanc : des enfants ont été brûlés vifs à cause des attaques militaires Israëliennes. Des estropiés, par contre, il y en a de plus en plus.
Il n’y a plus rien là bas qu’un champs de ruine.
Tu crois qu’ils sont entrain de prendre un café latté bien au chaud comme vous le faites à Tel Aviv ? Je crois bien qu’ils n’ont pas ce luxe à Gaza.
Ils n’ont d’autres moyens que de résister car ils sont entrain de se faire massacrer.
La haine est souvent entretenue par la propagande. Israël est soutenu par les USA : ça veut dire que des moyens médiatiques, il y en a un sacré paquet contrairement aux palestiniens qui luttent pour se faire entendre, face aux capacités de couvertures des médias US.
Les gens ont du mal à voir le malheur d’autrui sous prétexte qu’il est l’ennemi. Que pense le peuple israëlien en vérité? Car il faut faire la distinction entre le peuple et ses autorités.
Moi j’ai toujours eu de l’admiration pour ceux qui ont su dépasser le stade de la haine, celle de la remise en question de son propre camps. (c’est ce que j’ai moi même fait aussi avec le Japon, qui n’a pas une histoire toute blanche non plus)
Je ne sais pas si tu le connais, mais c’est ce que fait courageusement, Norman G Finkelstein, juif, dont la famille a été massacrée durant la WWII. Il dit à ceux qui osent encore pleurer des larmes de crocodiles sur des faits passés il y a 50 ans :
"Si vous aviez réellement un coeur, vous seriez entrain de pleurer pour les palestiniens."
Il n’est d’ailleurs pas le seul à oser le dire.
http://www.dailymotion.com/video/xdla0p_l-industrie-de-l-holocauste-finkels_news#.UL9lWuT8KJo
Pour sûr, ce ne sont pas les palestiniens qui ont commencé : puisqu’ Israel n’éxistait même pas quand les palestiniens étaient déjà les occupants de ce territoire.
D’ailleurs, fort heureusement qu’il y a des juifs qui en parlent, des juifs éclairés qui osent dénoncer les faits et les atrocités commises, la colonisation commencée depuis déjà il y a des décennies…
On peut être juif et anti-sionniste.
Mais maintenant, la Palestine est devenue Etat non membre reconnue par l’ONU.
Elle a droit aux traités, et de porter plainte officiellement contre Israël pour les crimes de guerre subis : car ce que l’état d’ Israël est entrain de faire, c’est de l’épuration ethnique.
Les autorités Israëliennes n’ont pas l’intention de faire la paix : ils veulent trucider les palestiniens jusqu’au dernier, pour prendre possession de tout le territoire. Ils ne veulent pas partager. Le peuple Israëliens va t-il laisser faire?
ça fait du mal, mais il faut ouvrir les yeux, et tendre la main à la paix, au partage, à la coexistence. Je te souhaite bon courage.
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/12/04/palestine-inutiles-et-improductives-represailles-d-israel_1799661_3218.html
http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20121205.OBS1372/la-palestine-veut-que-l-onu-condamne-la-colonisation-israelienne.html
Merci Aizen de m’avoir lue et de prendre le temps de me répondre.
Je ne sais pas tellement quoi dire, car je ne souhaite pas entrer dans le débat politique et idéologique. Mon blog n’est pas fait pour cela. J’écris sur ce que je vis, le couple, la famille, la vie et il se trouve que ma vie a lieu ici, donc j’en parle. Mais je ne cherche pas à commenter l’actualité, ni à faire de la propagande.
Je suis journaliste de mon métier, et j’ai d’autres espaces d’écriture dans lesquels je discute tout cela.
Echanger sur le conflit israélo-palestinien est devenu quelque chose de très violent ces dernières années, chacun campe en général sur ses positions, la haine et l’agressivité ne sont jamais très loin.
Ce qui ne m’empêche pas d’avoir des opinions et, si tu veux, on se retrouve sur Facebook avec plaisir pour pour en parler.
Mais ici, je cherche à faire autre chose, un travail d’introspection, un travail d’écriture…Donc je ne préfère pas entrer en polémique, quelle qu’elle soit.
A bientôt !
C’est un tres tres beau texte, ca m’a completement transporte depuis mon bureau. Merci!
Merci à toi minetodiscover, de prendre le temps d’écrire ces mots qui me touchent beaucoup. C’est très important pour moi, et c’est un grand privilège de recevoir un retour aussi immédiat et sincère.
Au plaisir !!
Quel beau texte, sans jugement de valeur, vibrant et chargé d’émotions multiples. Je comprends je crois ce mélange de fatalité, d’incompréhension et de soif de vivre. Merci de l’avoir partagé avec nous.
Merci Sarah M !
Le jugement de valeur est sans doute ce qu’il y a de plus difficile dans ce conflit. Ce sentiment d’être jugés tout le temps, montrés du doigt, haïs alors qu’en tant que personnes, au plan individuel, tout ce qu’on souhaite c’est de pouvoir mener nos vies en paix et, un jour, pourquoi pas, se balader en liberté en Moyen -Orient comme c’est le cas en Europe !
A bientôt ?
Je vais de ce pas voir ce qui se passe dans ton blog à toi
Bonsoir,
J’étais sur hellocoton et votre texte m’a attiré, je ne connaissais pas votre blog jusqu’à aujourd’hui! Mais il a l’air intéressant.
En ce moment, dans l’actualité on parle beaucoup de ce conflit et je m’y suis beaucoup intéressée. Et je voudrais avoir le point de vue d’une israélienne. Je me demande si selon vous isréaliens et palestiniens pourraient vivre ensembles dans le même état? Avant la seconde guerre mondiale arabe et juif vivait ensemble. Ca pourrait être une solution.
J’espère que cette question ne vous ennuie pas, mais en tout cas je serais très intéressée
par votre réponse.
Chère Yousra,
Non, la question ne m’ennuie pas du tout, au contraire !
Tout d’abord, je te remercie de ton intérêt et du temps que tu consacres à essayer d’aborder un problème que beaucoup voudraient expédier en 3 minutes de propagande simpliste.
La question de l’Etat binational est souvent abordée, certains disent que c’est la seule solution car elle éviterait d’avoir à se mettre d’accord sur un partage des terres. C’est vrai que Juifs et Arabes ont longtemps vécu ensemble dans certains pays du Maghreb, et par de nombreux aspects, nos cultures sont très proches (cuisine, musique, vêtements, modes de communications, rapports à la famille, hospitalité….).
Pourtant, très souvent la notion de "solution à deux Etats" apparaît et la plupart des diplomaties occidentales sont plus favorables qu’à l’option binationale.
Du point de vue israélien, un Etat binational ferait très rapidement disparaitre la majorité juive, tant la natalité est plus élevée côté palestinien. Or, Israël a, d’abord été conçu comme un refuge contre l’antisémitisme pour les Juifs du monde entier. Cette idée est à la base du sionisme, presque 50 avant la Shoah, qui n’a fait que la renforcer et lui donner ses lettres de noblesse. Certains qualifient cette peur de paranoïa, en voulant croire que l’Holocauste ne se répètera jamais, d’autres la jugent inévitable, notamment à la lumière de haine antijuive aujourd’hui dans le monde arabe, et plus récemment, des menaces iraniennes. Cercle vicieux ? Très probablement.
Côté palestinien, je ne suis pas sûre que cela soit accepté aussi. Une partie non négligeable de la population (je ne saurais pas donner des chiffres) soutient l’extrémisme des mouvements islamistes pour qui Israël n’a pas le droit d’être et les Juifs doivent quitter cette terre un par un. Après plus de 60 ans d’histoire sanglante, je ne sais pas si les gens arriveraient à vivre ensemble, sans trop d’incidents violents qui agiraient comme des repoussoirs et des catalyseurs à émeutes. Même si, il ne faut pas l’oublier, ce n’est pas fondamentalement les ethnies qui posent problème, mais les visions intégristes qui arrivent avec une conception extrémiste de la religion, côté Juifs comme côte Palestiniens. Il y a par exemple en Israël des communautés druzes ou arabes chrétiennes qui vivent en bonne entente avec les Juifs, et bien entendu, il y a des musulmans modérés. Côté juifs, la radicalisation est également de plus en plus de mise, et va souvent de pair avec la montée des communautés ultra religieuses.
Donc pour résumer, je ne crois pas qu’on y arriverait, du moins pas dans un premier temps. Par contre, je crois sincèrement que si on arrivait à faire la paix, avec des frontières sures et stables, au bout d’un certain temps, il pourrait y avoir une certaine perméabilité, du tourisme des deux côtés, des échanges, à terme une entente cordiale, encore une fois comme en Europe.
Mais regarde en France, combien de temps il a fallu pour reconstruire la confiance entre la France et l’Allemagne et, avant cela, combien de morts….
Il y a des victimes et des coupables des deux côtés, un musulman n’est pas plus mauvais qu’un juif et vice-versa, il y a des bonnes personnes dans toutes les cultures, religions,…
Il y a des gens plus démunis par contre… Comme ceux à Gaza isolés de tout…
Des gens qui se battent oui mais avec des pierres contre des bombes!
J’avais lu un beau livre "Une bouteille à la mer", il me semble. C’est une Israelienne qui trouve une bouteille dans la mer et y répond. C’est un garçon Palestinien qui l’écrit. Ils vont d’abord se détester, ne pas se comprendre, s’accuser, puis devenir amis et s’inquiéter l’un pour l’autre. C’est très touchant!
J’ai beaucoup aimé le film "Ajami" aussi!
Hello Clara,
Oui Adjami est un super film !
Je n’ai pas lu Une bouteille à la mer, c’est de qui ?
A bientôt !
Bonjour,
J’ai lut votre texte en tombant dessus par hasard sur HelloCoton. Entre deux articles de maquillage ou culturel, lire votre texte m’a rappeler la dure réalité, et surtout le conflit qui fait et défait l’actualité : le conflit israelo-palestinien. Vous n’avez pas déverser votre haine, vous avez sut aiguiser votre plume tout en faisant attention à ne point faire de bavure, et pour cela je vous remercie.
Vous ne comprenez pas, moi non plus je ne comprend pas l’acharnement du peuple israelien à se victimiser, et à constamment faire "comme si tout allait bien, car autrefois tout allait mal". Vivre dans un territoire en guerre est certes triste, éprouvant même si l’on fait semblant de vivre normalement. Mais permettez moi de vous dire, que si vous parlez de Smartphone, de nuisettes, de petit-ami, de latte au soja, de l’autre coté il y’ a aussi ces palestiniens qui n’ont ni nuisettes, ni Smartphone, ni rien. Qui vivent dispersés sur des micro-territoire ou condamnés à l’exil car des hommes et des femmes en ont décider ainsi. Votre écrit, relate la guerre dans une tonalité exotique, on se croirait presque lire les Mémoires d’un Pied-noir en Algérie, ou son pays c’est là ou il fait beau, il y a du soleil, et ou il boit du Pastis sur les fronts de mer et ou des indigènes musulmans se font massacrer sous sa fenêtre. Mais l’Histoire est heureusement là pour rappeler qu’il ne suffit pas de se sentir bien quelque part, se sentir chez sois, pour oublier que pour d’autres c’est aussi leur chez eux .. leur terre, là ou ils sont nés.
Les juifs ont subit la Shoah, on été victimes de la décolonisation mais ils répètent les erreurs de l’Humanité à deux pas de chez eux. Je ne vous apprend rien mais ces palestiniens n’ont connut que leur terre, et si vous avez eu l’opportunité de voyager et de choisir ou vivre, quelle langue parler, ils n’ont pas eu cette chance, ces gens de Gaza qui vous envoient leurs roquettes. Ces enfants de Gaza qui n’ont plus rien, meme plus d’école, et ça ce n’est pas juste l’occident qui le fait croire, mais c’est la réalité.
La guerre c’est moche, l’indifférence et l’oubli de l’autre aussi. Si vous ne connaissez pas, je vous invite à lire des poèmes de Mahmoud Darwish, en sirotant votre latte au Soja. Il n’y a pas les gentils d’un coté et les bons de l’autre : il y a juste des personnes qui se battent pour exister, et d’autres qui font semblant de ne pas les voir. (à méditer)
Salam!
Hello Jasmine,
Comme je l’ai dit plus haut dans un autre commentaire, mon blog n’est pas un blog d’actuel, c’est un blog d’expression personnelle. Je n’y cherche ni à comparer, ni à hiérarchiser, ni me proclamer davantage victime que qui que ce soit.
Il ne s’agit pas d’un texte d’information ou même de propagande, c’est dommage que vous le preniez comme cela, car c’est bien là le problème de ce conflit, l’incapacité des deux côtés, je dis bien des deux côtés, à écouter et respecter les souffrances de l’autre sans immédiatement monter au créneau et vouloir établir des comparaisons.
En guerre, pour savoir qui a gagné, on compte les morts. Mais au final, personne n’a gagné, tout le monde souffre et rien n’est réglé.
Je suis journaliste de mon métier. Dans mon travail, ou sur des d’autres plateformes telles que Facebook ou les sites d’informations, je suis dans l’échange de points de vue et la bataille diplomatique. J’aurais donc bien des choses à vous répondre et de nombreuses questions à vous poser sur vos sources.
Mais je ne le ferai pas ici, car mon blog n’est pas destiné à cela. J’ai cherché à évoquer mon expérience personnelle, humaine et mes interrogations, à titre individuel.
Laissez tomber l’agressivité Jasmine, je vous le propose en toute amitié, on n’a jamais résolu aucun conflit par cette voie-là et visiblement la résolution de ce conflit vous tient à cœur.
A bientôt ?
A la réflexion, ce n’est le bon mot "agressivité", c’est "jugement" que j’aurais du écrire….
Bonjour,
Oui bien sur vous ne faites que mettre en avant vos impressions, votre ressenti dans cette guerre sans fin. Je ne vous ai point juger, et d’ailleurs je vous ai dit en introduction que j’avais aimer la façon avec laquelle vous avez traiter un sujet aussi délicat. Je respecte votre point de vue, et d’ailleurs votre plume à adoucit l’espace d’un article le conflit. C’est en effet un dialogue de sourd, Plus personne n’écoute l’autre car chacun campe sur ses positions c’est triste mais je pense que tant que les générations avant nous sont assis dans ces parlements, aucun dialogue ne sera possible. Je suis aussi journaliste, nous avons un point commun, et je pense que si nous donnions la parole à la jeunesse, aux générations qui veulent juste vivre, pas survivre les questions seront vite trouvées.
Le fait que nous échangions des écrits, et un dialogue est déjà en partie une avancée, j’ai militer dans des associations palestiniennes, et j’ai eu l’occasion de parler et discuter avec des juifs qui sont ouverts au dialogue et sont conscients de la souffrance des deux cotés, cela m’a rassurer et m’a réconforter.
Je respecte vos interrogations, la tonalité que j’ai choisis pour vous répondre était peut etre brutale, ou agressive, mais en aucun cas elle ne coupait cours au dialogue, car Dieu seul sait à quel point nous avons besoin de dialogue.
Ciao.
C’est dommage, car tu manques un peu de courage pour aller jusqu’au bout du processus. Quand on fait de l’introspection, c’est souvent pour parvenir à clarifier les choses au fond de soi, pour retrouver une certaine clairvoyance, prendre du recul par rapport à une situation. Pourquoi ne pas être honnête jusqu’au bout?
Je ne te dis pas ça par méchanceté, mais simplement parce qu’il me semble évident que tu ne peux faire ton introspection ainsi en public, sans que l’on te mette les yeux en face des trous : je ne demande pas de faire un débat "idéologique", ou politique. Mais de voir la réalité comme elle est : ce qui nous intéresse ici, c’est que tu vois de tes propres yeux la condition de vie des gens de Gaza. Rien à voir avec celle des habitants de Tel Aviv…surtout Tel Aviv quoi!… Ce n’est même pas comparable. Eux n’ont plus rien. A ce stade, c’est "idéologiquement" embarrassant. Car forcément on ne peut s’empêcher de comparer.
Moi, ce qui me met très mal à l’aise dans ton discours, c’est qu’on sent un fond de victimisation et qu’à côté de ça on ne sent pas vraiment de compassion pour les palestiniens. Pas clairement en tout cas, pas assez explicitement.
Pourquoi tu ne dénonces pas le massacre et la colonisation?
Moi je n’ai pas trouvé pas que Jasmine ait été agressive. Je pense juste qu’il y avait de l’agacement…tout autant que l’envie que les choses s’arrangent…
Je ne gagne rien dans l’histoire, car Israël comme la Palestine ne sont que trop loin de ma culture d’origine. Mais ma conscience humaine, elle, a envie de combattre mensonges et injustices, et veut rechercher la vérité. Je n’ai pas de haine car je n’y ai aucune implication personnelle. Je suis loin de tout ça, et je t’en parle donc sans animosité, simplement avec raison.
Alors voilà, en tant que journaliste, tu devrais t’intéresser à la réalité de Gaza. Justement, quand je te parles des journalistes et des sources (tes confrères) de l’AFP ou de Russia Today qui se sont fait bombarder leur immeuble à Gaza par les forces armées Israëliennes (dénoncé par reporter sans frontières), les sources sont plus qu’officielles : elles sont indéniables.
Où est l’idéologie dans tout ça? Il y a même des caméras qui l’ont filmé. Refuser d’en parler, c’est juste accepter de voir tomber les roquettes dans son camps, mais refuser de voir les dommages collatéraux chez le voisin, non?
ça aussi, pourquoi tu ne le dénonces pas? >>> et c’est là où se trouve le malaise "idéologique".
Il faut bien à un moment expliquer et comprendre sans naiveté ni angélisme, et surtout sans malhonnêteté le pourquoi vous recevez des roquettes non?
Faire du journalisme, c’est savoir taire sa propre opinion pour prêter ses yeux au monde et faire un état des lieux, au plus prêt du réel. Pour ça, il faut savoir s’oublier, ce qui n’est pas chose aisée.
Je sais que ton blog est un espace personnel et non professionnel. Mais à partir du moment où tu clames que tu es journaliste, les réalités se mélangent. Difficile de créer des frontières.
Il te faut assumer, ici ou ailleurs. Ne crois tu pas ?
En tout cas, si tu le fais, ce sera à ton honneur.
Amicalement.
PS: j’apprécie toutefois grandement ta faculté à laisser librement s’exprimer les internautes sur ta page. Je te remercie pour cela, d’amorcer un début de dialogue.
Ton texte est tellement plein d’espoir, tellement fort, j’en suis toute émue…
Merci Manue !
. Toi aussi, tu écris ?
Ca me touche beaucoup
@ Jasmine
Wordpress ne ma laisse pas répondre directement sous votre dernier post, mais je voulais vous remercier des ces mots plus conciliants. Vous écrivez où? Puis-je vous lire ?
A bientôt,
Myriam